Les montres Richard Mille sont entièrement fabriquées en Suisse, aux Breuleux dans le canton du Jura, par la manufacture horlogère Guenat SA Montres Valgine. Cette collaboration entre Richard Mille, le visionnaire français, et Dominique Guenat, horloger suisse de troisième génération, donne naissance depuis 2001 à des garde-temps d’exception qui repoussent les codes de la haute horlogerie.
Les Breuleux, berceau suisse de Richard Mille
Nichée dans le Jura suisse, la commune des Breuleux abrite l’ensemble de la production Richard Mille. Ce n’est pas un choix anodin. Cette région concentre un savoir-faire horloger transmis depuis plus d’un siècle, loin des grandes manufactures genevoises.
C’est précisément cette discrétion et cette expertise artisanale qui ont séduit Richard Mille lors de la création de sa marque. Les Breuleux offrent un environnement propice à l’innovation technique, où chaque composant peut être pensé, usiné et assemblé dans un rayon de quelques kilomètres seulement.
Le groupe Richard Mille y a progressivement installé ses différentes entités pour maîtriser l’intégralité de la chaîne de fabrication. Un choix stratégique qui garantit le contrôle absolu de la qualité et l’application d’une vision sans compromis.
Guenat SA, le cœur de la fabrication
Guenat SA Montres Valgine est la véritable manufacture qui développe, produit et assemble toutes les montres Richard Mille. Fondée il y a plus de 110 ans, cette entreprise familiale a traversé trois générations avant que Dominique Guenat n’en prenne la direction en 1991.
C’est lui qui a rencontré Richard Mille en 1988 à Besançon, alors qu’ils travaillaient tous deux dans l’horlogerie. Leur amitié et leur vision commune ont donné naissance au projet Richard Mille en 1999, officialisé en 2001 avec la création d’Horométrie SA, la société d’exploitation de la marque.
Guenat SA gère la conception, le développement, l’assemblage et le contrôle qualité de chaque garde-temps. C’est ici que les mouvements prennent forme, que les complications sont ajustées, que les tests de résistance sont menés. L’expertise horlogère suisse rencontre ici l’audace créative portée par Richard Mille.
Les entreprises du groupe Richard Mille
Le groupe ne se limite pas à une seule entité. Plusieurs sociétés collaborent étroitement pour donner vie à des montres parmi les plus techniques du monde.
ProArt, l’atelier des composants
ProArt, anciennement Prototypes Artisanaux SA, a été rachetée par Richard Mille et Dominique Guenat en 2013. Cette entreprise d’usinage fabrique les boîtiers et certains composants essentiels des mouvements : platines, ponts, vis, roues.
Installée dans un bâtiment de 3 000 m² aux Breuleux, ProArt travaille en sous-traitance exclusive pour la marque. C’est ici que les matériaux issus de l’aéronautique et de la Formule 1, comme le titane grade 5 ou le carbone TPT, sont usinés avec une précision extrême.
VMDH, l’expertise en décoration
Située à La Chaux-de-Fonds, à une vingtaine de kilomètres des Breuleux, VMDH (Vital Morel Décalque Horlogère) est spécialisée dans la décoration et la décalque des pièces horlogères. Elle produit la totalité des cadrans, des rehaut (la pièce entre le cadran et le verre) et une partie des aiguilles.
Cette entreprise gère aussi l’application des pigments phosphorescents qui permettent la lisibilité nocturne de certains modèles. Chaque détail esthétique passe entre ses mains avant d’intégrer le garde-temps final.
Richard Mille, l’homme derrière la vision
Richard Mille n’est pas horloger de formation. Né en 1951 à Draguignan, il a d’abord étudié le marketing avant de gravir les échelons dans l’industrie horlogère, notamment chez Mauboussin où il est devenu directeur général de la division horlogerie.
En 1998, un désaccord stratégique le pousse à quitter Mauboussin. C’est le déclic. Il décide de créer ses propres montres, non pas en suivant les codes établis de la haute horlogerie, mais en s’inspirant de l’automobile de course et de l’aéronautique. Son objectif : concevoir la montre la plus radicale possible, sans jamais regarder au coût de fabrication.
Cette philosophie exigeante séduit rapidement une clientèle en quête de montres aussi légères que résistantes, capables de supporter les contraintes extrêmes du sport de haut niveau. Rafael Nadal porte d’ailleurs une Richard Mille sur le court, preuve ultime de la robustesse de ces garde-temps.
En 2022, Richard Mille prend sa retraite et transmet la direction de la marque à ses enfants, Alexandre et Amanda, assurant ainsi la pérennité de sa vision.
Un savoir-faire suisse alimenté par une vision française
Ce qui rend Richard Mille unique, c’est précisément cette alliance entre créativité française et excellence horlogère suisse. Richard Mille apporte l’audace, le refus du compromis, l’obsession de l’innovation. Dominique Guenat et ses équipes apportent le savoir-faire centenaire, la maîtrise technique, la rigueur suisse.
Le résultat : des montres qui utilisent des matériaux jamais vus en horlogerie traditionnelle, des mouvements squelettés qui dévoilent leur mécanique, des boîtiers tonneaux reconnaissables entre mille. Des garde-temps qui pèsent parfois moins de 20 grammes tout en résistant à des chocs de plusieurs milliers de G.
La production reste volontairement limitée. En 2018, la marque a fabriqué environ 4 600 montres, chacune vendue à un prix moyen de 180 000 euros. Ce n’est pas une stratégie marketing artificielle : la complexité technique et le nombre d’heures nécessaires à la fabrication imposent naturellement cette rareté.
Depuis plus de 20 ans, toutes les montres Richard Mille naissent au même endroit, dans le Jura suisse, portées par une vision intacte et un refus catégorique de la médiocrité.
