Qui et où sont fabriqués les montres Girard-Perregaux ?

Girard-Perregaux fabrique ses montres à La Chaux-de-Fonds en Suisse, berceau historique de la marque depuis plus de deux siècles. La manufacture appartient aujourd’hui à son management, dirigé par Patrick Pruniaux, après son rachat à Kering en 2022. Derrière cette adresse se cache un savoir-faire unique et une organisation manufacturière rare dans l’horlogerie suisse.

Où sont fabriquées les montres Girard-Perregaux ?

La Chaux-de-Fonds, berceau historique de la marque

Les montres Girard-Perregaux sont entièrement fabriquées à La Chaux-de-Fonds, ville souvent surnommée la capitale de l’horlogerie suisse. La manufacture occupe deux sites principaux dans cette ville du canton de Neuchâtel : le siège social situé Place Girardet 1 et l’atelier historique de la Rue Numa-Droz 136.

Cette implantation remonte à 1856, lorsque Constant Girard et Marie Perregaux fondent leur manufacture dans cette ville où l’horlogerie fait partie de l’ADN local. Plus de 165 ans plus tard, Girard-Perregaux n’a jamais quitté La Chaux-de-Fonds.

Le bâtiment de production principal, rue Numa-Droz, est un édifice centenaire qui allie patrimoine industriel et équipements modernes. Restauré avec soin, il concentre l’essentiel de l’activité de fabrication horlogère.

Une manufacture intégrée sous un même toit

Girard-Perregaux est ce qu’on appelle une manufacture intégrée. Cela signifie que la marque conçoit et fabrique elle-même le cœur de ses montres : les mouvements horlogers. Ce statut la distingue de nombreuses marques qui achètent leurs calibres à des fournisseurs externes.

Dans ses ateliers de La Chaux-de-Fonds, Girard-Perregaux réunit tous les métiers de l’horlogerie. Horlogers, ingénieurs en recherche et développement, décorateurs de mouvements, polisseurs, sertisseurs : chaque compétence nécessaire à la création d’une montre est présente sur place.

L’Atelier des Hautes Complications, installé dans le bâtiment historique, accueille les horlogers les plus expérimentés. C’est là que naissent les pièces d’exception, les tourbillons et les mécanismes les plus sophistiqués de la marque.

Cette organisation globale permet à Girard-Perregaux de maîtriser chaque étape, de la conception sur papier jusqu’à l’assemblage final et au contrôle qualité. Une approche devenue rare dans l’industrie horlogère moderne.

Que fabrique vraiment Girard-Perregaux en interne ?

Concrètement, Girard-Perregaux produit en interne ses propres mouvements mécaniques. La manufacture dispose d’une gamme complète de calibres automatiques : les GP2700, GP3200, GP3300 et GP1800. Ces mouvements équipent les différentes collections et servent de base pour des complications plus élaborées.

La marque fabrique également ses boîtiers et bracelets dans une manufacture dédiée. Cette double compétence, mouvement et habillage, lui permet de contrôler l’ensemble du processus de création.

Pour la haute horlogerie, Girard-Perregaux développe des calibres d’exception, dont le célèbre Tourbillon sous trois Ponts d’or, pièce emblématique de la maison depuis 1889. L’Échappement Constant, innovation majeure présentée en 2008 puis commercialisée en 2013, témoigne de cette capacité à repousser les limites techniques.

En termes de volume, la manufacture produit environ 12 000 montres par an, un chiffre volontairement limité qui garantit une attention particulière à chaque garde-temps. Environ 250 employés travaillent en Suisse pour Girard-Perregaux, répartis entre les différents métiers de l’horlogerie.

Qui fabrique et possède Girard-Perregaux aujourd’hui ?

Une manufacture indépendante depuis 2022

Depuis mai 2022, Girard-Perregaux appartient à son propre management. La marque a été rachetée par une équipe menée par Patrick Pruniaux, directeur général des deux manufactures horlogères Girard-Perregaux et Ulysse Nardin depuis 2018.

Cette transaction marque la sortie du groupe Kering, géant français du luxe qui possédait la manufacture depuis 2011. Kering, propriétaire de marques comme Gucci et Bottega Veneta, avait acquis 51% des parts en 2011, puis la totalité en 2015. Le groupe a accompagné le développement de Girard-Perregaux pendant une décennie avant de se recentrer sur ses activités de mode et maroquinerie.

Aujourd’hui, Girard-Perregaux forme avec Ulysse Nardin un groupe horloger indépendant, réuni sous la holding Sowind Group. Cette indépendance retrouvée permet à la manufacture de mener une stratégie de long terme centrée sur l’excellence horlogère, sans les contraintes d’un grand groupe de luxe.

Patrick Pruniaux, figure charismatique de l’industrie horlogère, a d’ailleurs cofondé les Geneva Watch Days, salon horloger alternatif créé avec Jean-Christophe Babin de Bvlgari et Georges Kern de Breitling.

Les origines de la marque : une fusion de deux légendes

L’histoire de Girard-Perregaux remonte officiellement à 1791, année où Jean-François Bautte signe ses premières montres à Genève. Orphelin très jeune, Bautte apprend successivement les métiers de monteur de boîtes, guillocheur, horloger et orfèvre. Horloger de talent, il se fait connaître pour ses montres extra-plates d’une finesse exceptionnelle.

Bautte innove en créant à Genève une société manufacturière qui regroupe, sous un même toit, tous les métiers de l’horlogerie. Une approche visionnaire pour l’époque, qui préfigure le modèle de manufacture intégrée actuel. Sa réputation lui permet d’accueillir des visiteurs prestigieux, dont la future reine Victoria.

Parallèlement, Constant Girard naît en 1825 à La Chaux-de-Fonds. Après son apprentissage d’horloger, il fonde en 1852 la maison Girard & Cie. Deux ans plus tard, il épouse Marie Perregaux, fille d’une famille de négociants horlogers du Locle. De l’union de leurs deux noms naît en 1856 la Manufacture Girard-Perregaux.

Constant Girard se distingue par ses recherches sur les systèmes d’échappement et le tourbillon. En 1880, il développe des montres-bracelets pour les officiers de la marine allemande, commandées par l’empereur Guillaume Ier. Deux mille pièces sont produites, représentant la première commercialisation importante de montres-bracelets dans l’histoire.

En 1906, Constant Girard-Gallet, fils de Constant Girard, reprend la Maison Bautte et la fusionne avec Girard-Perregaux & Cie. Les deux illustres noms de l’horlogerie suisse sont désormais unis, créant l’héritage que perpétue la manufacture actuelle.

Un savoir-faire transmis depuis plus de 230 ans

Girard-Perregaux revendique plus de 100 brevets déposés dans le domaine horloger. Cette culture de l’innovation traverse toute son histoire et se manifeste par des avancées techniques majeures.

En 1889, le Tourbillon sous trois Ponts d’or, présenté à l’Exposition universelle de Paris, reçoit la médaille d’or. Cette pièce révolutionne l’architecture horlogère en transformant les ponts, éléments purement fonctionnels, en composants esthétiques. Le design en forme de flèches des trois ponts parallèles devient la signature visuelle de Girard-Perregaux.

En 1966, la manufacture présente le premier mouvement mécanique à haute fréquence, le Gyromatic HF, dont le balancier bat à 36 000 alternances par heure. L’année suivante, 70% des certificats de chronomètres délivrés par l’Observatoire de Neuchâtel sont attribués à Girard-Perregaux.

En 1970, Girard-Perregaux lance la première montre à quartz suisse de production industrielle. La fréquence de 32 768 Hz qu’elle impose devient le standard universel pour tous les mouvements à quartz dans le monde.

Plus récemment, l’Échappement Constant, dévoilé en 2008, utilise une lame flexible en silicium pour transmettre une force constante au balancier. Cette innovation vaut à la montre l’Aiguille d’or du Grand Prix de l’Horlogerie de Genève en 2013, la plus haute distinction de l’industrie.

Girard-Perregaux : une vraie manufacture ou de l’assemblage ?

Ce qui différencie une manufacture d’un assembleur

Dans l’horlogerie, le terme manufacture a un sens précis. Il désigne une marque qui conçoit et fabrique ses propres mouvements, contrairement aux assembleurs qui achètent des calibres standardisés auprès de fournisseurs comme ETA ou Sellita.

Girard-Perregaux fait partie des rares manufactures intégrées de Suisse. Elle ne se contente pas d’assembler des composants : elle développe l’architecture de ses mouvements, usine les pièces, décore les ponts et platines, puis assemble et règle chaque calibre.

Cette maîtrise complète de la chaîne de production permet une liberté créative totale. La manufacture peut créer des complications sur mesure, adapter les dimensions selon les besoins, et garantir une qualité homogène sur chaque pièce.

Pour comparaison, de nombreuses marques horlogères, même prestigieuses, utilisent des mouvements de base qu’elles habillent ou personnalisent. Girard-Perregaux, elle, part de la feuille blanche pour chacun de ses calibres.

Les départements internes de Girard-Perregaux

Le département Recherche & Développement constitue le cerveau de la manufacture. C’est là que naissent les nouveaux calibres, que se testent les innovations techniques, que s’imaginent les complications futures. Girard-Perregaux fut l’une des premières marques suisses à créer un tel département en interne, dès les années 1960.

La manufacture de mouvements concentre les machines CNC de haute précision, les tours d’usinage, les équipements de fraisage. Les pièces y sont fabriquées avec des tolérances de l’ordre du micron. Une salle spécifique est dédiée aux tests de qualité et à la mesure des performances chronométriques.

La manufacture de boîtiers et bracelets travaille l’acier, l’or, le titane, la céramique et d’autres matériaux innovants. Les boîtiers sont polis, sertis de pierres précieuses pour les modèles de haute joaillerie, puis assemblés avec les mouvements.

Enfin, l’atelier d’assemblage et de réglage réunit les horlogers qui montent les calibres, posent les cadrans, ajustent la précision de chaque montre. Chaque garde-temps passe par un contrôle qualité rigoureux avant de quitter la manufacture.

Collections et modèles emblématiques fabriqués à La Chaux-de-Fonds

Le Tourbillon sous trois Ponts d’or reste la pièce la plus emblématique de Girard-Perregaux. Créé en 1889, ce mécanisme d’exception a été miniaturisé en version montre-bracelet en 1991 pour célébrer le bicentenaire de la marque. Aujourd’hui encore, chaque tourbillon est assemblé et réglé à la main dans l’Atelier des Hautes Complications.

La Laureato, lancée en 1975, incarne l’élégance sportive de la marque. Son boîtier rond délimité par une lunette octogonale et son bracelet intégré en font une montre immédiatement reconnaissable. La cinquième génération, présentée en 2017, perpétue l’esprit du modèle original tout en intégrant les dernières avancées techniques.

La collection 1966 célèbre l’année où Girard-Perregaux a créé le premier mouvement haute fréquence. Ces montres classiques et raffinées incarnent l’élégance intemporelle de l’horlogerie suisse traditionnelle.

La Vintage 1945 propose des boîtiers rectangulaires d’inspiration Art déco, tandis que la Cat’s Eye s’adresse aux femmes avec son boîtier ovale et ses proportions féminines. Chaque collection est conçue, développée et fabriquée dans les ateliers de La Chaux-de-Fonds.

Plus récemment, Girard-Perregaux a développé des partenariats avec Aston Martin, créant des montres en édition limitée qui intègrent des matériaux issus de l’univers automobile, comme le carbone de monoplaces de Formule 1.


Girard-Perregaux fabrique donc ses montres entièrement en Suisse, dans sa manufacture historique de La Chaux-de-Fonds. Aujourd’hui indépendante et dirigée par son propre management, la maison perpétue un savoir-faire manufacturier rare qui fait d’elle l’une des dernières manufactures intégrées de l’horlogerie suisse. Du mouvement au boîtier, chaque composant naît sous le même toit, porté par l’expertise d’artisans qui transmettent un héritage vieux de plus de deux siècles.

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koessler.buisness@gmail.com
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