Les montres MB&F sont fabriquées à Genève, en Suisse, plus précisément à Carouge. Fondée en 2005 par Maximilian Büsser, la marque repose sur un modèle collaboratif unique qui fait appel à des horlogers, designers et artisans indépendants qu’elle appelle ses « Friends ». Depuis 2014, MB&F produit ses mouvements majoritairement en interne, tout en maintenant des partenariats pour certaines créations.
Genève, berceau de MB&F
MB&F a établi son siège à Carouge, une commune limitrophe de Genève, au cœur de la capitale suisse de l’horlogerie. L’adresse officielle se trouve Route de Drize 2, où la marque dispose de ses bureaux et de son atelier.
Cette localisation genevoise n’est pas anodine. Genève concentre un savoir-faire horloger séculaire et un réseau dense d’artisans spécialisés. Pour une marque comme MB&F, qui conçoit des pièces d’une complexité extrême, cette proximité avec l’écosystème horloger suisse est essentielle.
Depuis sa création en 2005, la manufacture est restée fidèle à la Suisse et n’a jamais délocalisé sa production. Toutes les montres portent la mention « Swiss Made » et respectent les critères stricts de cette appellation.
Maximilian Büsser, l’architecte de la vision
Maximilian Büsser est l’homme derrière MB&F. Né à Milan et élevé à Lausanne dans une famille multiculturelle, il a développé très tôt une approche cosmopolite et ouverte de la création.
Son parcours dans l’horlogerie de luxe l’a préparé à cette aventure. Après un passage chez Jaeger-LeCoultre, il devient directeur général de Harry Winston Rare Timepieces à seulement 31 ans, en 1998. C’est là qu’il développe la série Opus, des montres créées en collaboration avec des horlogers indépendants. Cette expérience fait germer en lui l’envie de créer sa propre structure.
En juillet 2005, à 38 ans, il fonde MB&F avec une vision claire : créer un laboratoire horloger qui conçoit de petites séries de montres radicales, en dehors des sentiers battus de l’horlogerie traditionnelle. Il ne s’agit pas simplement de donner l’heure, mais de créer des sculptures cinétiques en trois dimensions.
Le modèle collaboratif : les « Friends »
Le « F » de MB&F signifie « Friends », et ce n’est pas un effet de style. Le modèle repose entièrement sur la collaboration avec des talents indépendants. Contrairement à la plupart des manufactures qui gardent secrètes leurs équipes, MB&F communique ouvertement sur ses partenaires et inscrit leurs noms sur les créations.
Parmi les horlogers qui ont marqué l’histoire de la marque, on trouve Laurent Besse, créateur des mouvements HM1 et HM4. Jean-Marc Wiederrecht a conçu les calibres des HM2 et HM3, deux modèles qui ont solidifié la réputation de MB&F. Jean-François Mojon a assuré la continuité avec les mouvements LM1, HM5 et LM2 entre 2011 et 2013. Stephen McDonnell a signé les complications les plus audacieuses de la marque, notamment la LM Perpetual et la LM Sequential EVO.
Au-delà des horlogers, MB&F travaille avec des designers comme Eric Giroud, des spécialistes des calibres, des maîtres horlogers comme Peter Speake-Marin, des cadraniers, des sertisseurs et bien d’autres artisans. Chaque « Machine » est le fruit d’un travail collectif où chacun apporte son expertise.
Cette transparence est rare dans l’horlogerie de luxe. Elle reflète la philosophie de Maximilian Büsser : reconnaître et célébrer le talent individuel au service d’une vision commune.
De l’externe à l’interne : l’évolution de la production
À ses débuts, MB&F fonctionnait exclusivement avec des horlogers externes. La première Horological Machine, la HM1 lancée en 2007, est née de cette collaboration avec Laurent Besse pour le calibre, Eric Giroud pour le design et Peter Speake-Marin pour l’horlogerie.
Pendant les premières années, chaque nouveau mouvement était développé par un partenaire extérieur. Ce modèle permettait une grande diversité de styles techniques et une agilité créative importante.
En 2014, un tournant s’opère. MB&F dévoile la LM101, équipée du premier mouvement entièrement développé et fabriqué en interne. Cette étape marque la volonté de la marque de maîtriser davantage sa chaîne de production sans renoncer à ses collaborations extérieures.
Aujourd’hui, la production est devenue majoritairement interne. Les mouvements sont conçus, assemblés et finis dans les ateliers de Genève. En 17 ans, MB&F a créé vingt calibres différents, une prouesse qui témoigne de sa capacité d’innovation.
Cela dit, la marque n’a pas renoncé à son ADN collaboratif. Les partenariats avec des horlogers comme Stephen McDonnell perdurent pour des projets spécifiques, et les Co-Creations continuent d’impliquer des manufactures externes.
Les Co-Creations : des partenaires suisses d’exception
Les Co-Creations ne sont pas des montres-bracelets, mais d’autres formes d’art mécanique imaginées par MB&F et fabriquées par des manufactures suisses partenaires.
L’Épée 1839, spécialiste des calibres horlogers basée à Sainte-Croix, collabore avec MB&F pour créer des horloges extraordinaires. Pensez à la Medusa, inspirée d’une méduse des profondeurs avec son ombrelle en cristal de Murano soufflé, ou à Sherman, une horloge-robot qui se déplace sur chenille. Ces pièces combinent la vision créative de MB&F et le savoir-faire technique de L’Épée.
Reuge, manufacture réputée pour ses boîtes à musique depuis 1865, fabrique les MusicMachine. Ces objets jouent des thèmes de Star Wars, Star Trek ou des classiques du rock avec une qualité acoustique impressionnante. La MusicMachine 1 Reloaded, par exemple, dispose de deux mouvements parfaitement symétriques, une prouesse technique inédite dans l’univers des boîtes à musique.
Caran d’Ache collabore également avec MB&F pour des instruments d’écriture et des créations artistiques qui sortent du cadre strictement horloger.
Ces partenariats permettent à MB&F d’explorer des territoires créatifs en dehors de la montre-bracelet, tout en restant fidèle à son amour pour la mécanique d’art.
Une production artisanale et limitée
MB&F ne cherche pas le volume. La marque produit quelques centaines de pièces par an seulement, réparties sur plusieurs modèles. Cette production confidentielle s’explique par la complexité extrême de chaque création.
Un modèle MB&F compte souvent plus de 500 composants, parfois jusqu’à 600, tous assemblés à la main. Les boîtiers sont sculptés dans des matériaux nobles comme l’or, le titane, la céramique ou le verre saphir. Chaque pièce nécessite plusieurs années de développement, de la conception initiale à la production finale.
Cette lenteur est voulue. Elle garantit un niveau de qualité et d’exclusivité rare, même dans l’univers de la haute horlogerie. Les éditions sont souvent limitées à quelques dizaines d’exemplaires, certaines ne dépassent pas 18 pièces. Une fois un modèle épuisé, il est fréquent qu’il ne soit jamais reproduit.
Cette rareté contribue à la valeur patrimoniale des montres MB&F. Pour les collectionneurs, posséder une pièce de la marque signifie détenir un objet unique, fruit d’un savoir-faire artisanal préservé et d’une audace créative sans équivalent.
